Livre ancien : Vingt et neuf sonnets d'Estienne de La Boétie...(1825). page 2
SONNETS.
I.
PARDON, amour, pardon ; ô Seigneur! ie te voue Le reste de mes ans, ma voix et mes escripts,
Mes sanglots, mes souspirs, mes larmes et mes cris: Rien, rien tenir d'aident' que de toy, ie n'advouë.
Ilelas! comment de moy ma fortune se ioué!
lle toy n'a pas longtemps, amour, ie me suis ris. Tay failly, ie le veoy, ie me rends, ie suis pris. I'ay trop gardé mon cœur, or ie le desadvouê.
Si i'ay pour le garder retardé la victoire,
Ne l'en trahie plus mal, plus grande en est ta gloire. Et si du premier coup tu ne m'as abbattu,
Pense qu'un bon vainqueur, et nay pour estre grand, Son nouveau prisonnier, quand un coup il se rend,
Il prise et Tay:ne mieulx , s'il a bien combattu.
II.
C'est amour, c'est amour, c'est luy seul, ie le sens : Mais le pt u vif amour, la poison la plus forte,
A qui oncq pauvre coeur ait ouverte la porte. Ce cruel n'a pas mis nu de ses trains perçants,
Essais : Livre I, Chapitre XXVIII.
Essais : Livre I, Chapitre XXVIII.
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